La dictature sanitaire normalise la violence policière

©Teresita Dussart

Personne ne semble faire le rapprochement entre l’affaire Georges Floyd, jugée en ce moment à Minneapolis et les affaires de violences policières qui se succèdent dans le cadre d’une totale désinhibition de l’exercice de la force publique. L’impression qu’une grande conscience globale s’était créé après cette anthologique et très documentée tragédie, ne semble pas s’appliquer face au niveau disruptif d’exactions des forces de l’ordre.

Observant les faits au Bois de la Cambre (Bruxelles), Saint-Gallen et tant d’autres régions, dont le report n’apparaît pas dans les media de masse-, même s’il n’y a pas encore mort d’homme à déplorer, du moins en Europe-, il s’agit pourtant d’actions spectaculairement violentes. Les techniques de répression sont celles qui s’imposent dans des faits de terrorisme, de grand banditisme, de violence urbaine, d’arrestation de personnes recherchées. Au Bois de la Cambre on a pu observer l’immobilisation violente au sol de plusieurs jeunes (la même qui a entraîné la mort de Floyd, de fait procédé interdit en Belgique), charge de chevaux au galop fonçant sur des civils, coups de matraque, utilisation massive de gaz lacrymogène, canons à eau, blindés comme en temps de guerre, arrestations massives arbitraires. Et cela se passe dans des Etats de droits constitués. De vieilles démocraties. Le Covid a commencé avec la sinisation du monde et se poursuit en sa birmanisation.

Quand il s’agit de frapper, les gestes barrières de la part des forces de l’ordre disparaissent, ainsi que la peur de la contamination.

En novembre 2020, une jeune femme psychotique se rend à une visite médicale, à l’hôpital public de la ville de Sabadell, près de Barcelone. Les médecins l’informent que sa mère ne peut pas l’accompagner dans le cabinet, en raison des mesures covidiennes. La jeune femme entre en crise. Elle est poussée hors de l’hôpital par la sécurité et là, la police lui décharge à moins d’un mètre de distance, de dos, son Taser. Le même officier des Mossos d’Esquadra lui inflige alors le fameux placage au sol, versant tout son poids sur elle. La scène se passe en public. Les médecins présents, ses médecins, applaudissent. Malgré sa condition de santé, les droits humains les plus fondamentaux, semblent s’effacer lorsque l’on contrevient à la distance sociale et à la narrative de l’héroïsation du corps médical. En revanche, quand il s’agit de frapper, les gestes barrières de la part des forces de l’ordre disparaissent, ainsi que la peur de la contamination.

A Madrid, une récente affaire de violation de domicile par des membres de la Police Nationale forçant une porte au bélier, à 23h00, sans mandat judiciaire, sur dénonciation d’une « fête clandestine », a reçu l’aval de tout le gouvernement socialiste. La même chose s’était produite à Waterloo, avec en plus le passage à tabac de la mère de famille. Les passages à tabac de la part des forces de l’ordre, tel que celui de Linares (Andalousie) se suivent et se ressemblent. Un officier voyant un père de famille et sa fille adolescente, assis à la terrasse d’un bar et ne portant pas le masque, leur inflige une correction à froid d’une rare violence. Dans ce cas très précis, l’officier et son collègue ont été déférés en justice et sont en prison. Les faits avaient généré de telles émeutes dans cette ville, très pauvre et souffrant particulièrement des conséquences de la dystopie, qu’une réaction des pouvoirs publics était inéluctable pour une question ne serait-ce que politique.

Le Covid a commencé avec la sinisation du monde et se poursuit en sa birmanisation

Il faut rappeler que l’impunité dans la plupart des cas est intimement corrélée au consentement de l’opinion publique repétainisée (ou assimilée selon les pays). Encore qu’un changement d’attitude soit en cours. L’aspiration a la vie des plus jeunes semble ressusciter et avec elle l’antidote contre cette entropie sociétale et anthropologique. Cette aspiration à la vie se produit dans un contexte non seulement de répression mais de propagande colabo. Jeudi, au Bois de la Cambre se trouvent les représentants de grands médias et agences de presse. Ils assistent aux violations des droits de l’homme, sans jamais les condamner. Les victimes sont tout simplement des jeunes dont la seule manifestation d’incivisme et d’être doté de pulsions de vie et d’en avoir marre de devoir sacrifier leur santé pour ajouter de l’espérance de vie aux nonagénaires.

Ces mêmes journalistes qui se sont tant émus dans le cas de la mort de Georges Floyd, non sans raison, ne s’émeuvent pas de mesures disproportionnées tel que le matraquage bestial, l’usage de chiens de police comme en 40, la charge de cavalerie, une technique de guerre. A ce rythme, c’est un miracle qu’une tragédie ne se soit pas encore produite en Europe. Au Mexique, Victoria Salazar, arrêtée parce qu’elle ne portait pas le masque est morte dans la ville de Tulum, dans les mêmes conditions de cubitus ventral que l’homme de Minneapolis,

Il ne faudrait pas que la violence policière soit condamnable uniquement dans les cas où elle se prête à être « racisée » et à entrer dans une des catégories de narrative victimaire contemporaine. La seule affaire de violence policière qui ait réussi à générer une vague d’empathie de la part des médias et pouvoirs publics, depuis l’instauration de la dictature sanitaire, reste l’affaire du tabassage du rappeur Michel Zecler à Paris. Sans les images, il aurait été accusé d’être lui l’agresseur des policiers. Mais est-ce qu’il aurait bénéficié de la même solidarité de la part de l’opinion publique si l’affaire n’avait pas été «racisée» ? Pas sûr. La rupture de garanties constitutionnelles et l’Etat d’exception dans lequel nous vivons nous affecte tous.



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