AMIA : Les oublis de Cristina

OPINION. Teresita Dussart (c)

L’Argentine ne peut pas courrir les allées des Nations Unies en demandant une justice qu’elle n’est pas prête à s’appliquer à elle-même. S’agissant de l’attentat commis contra la mutuelle juive (AMIA) le 18 juillet 1994, la presidente Cristina Fernandez a un peu vite fait d’oublier la responsabilité de son pays et l’impunité y prévalant pour les auteurs argentins. Ele a cru bon de resservir au menu de son allocution des Nations Unies de ce mardi, le “Memorandum of Understanding”  (MoU) signé avec l’Iran en février dernier.  Plaçant dans la situation paradoxale ce pays de se  faire en quelque sorte arbitre d’un dossier sur lequel il est considéré comme le principal coupable par l’autre signataire, le gouvernement argentin.

Ou le pays est presumé coupable ou il ne l’est pas. Mais s’il est fortement soupçonné d’être coupable, qui plus est le seul coupable, on ne peut pas lui demander d’être juge et partie. L’accord fortement rejetté par l’opposition argentine et la plupart des associations de victimes, restera comme une aberration du point de vue de la philosophie du droit, dont le but poursuivi répondrait plutôt au “combien”  que au “pourquoi”.

Depuis 2004 la seule doctrine défendue consiste à faire porter le chapeau sur l’Iran. Ceci a permi de dévier l’attention de la piste argentine. Se fondant sur ce qui dans le dossier, il est évident que les terroristes locaux, ont bénéficié d’un financement extérieur et que leur action est à intépréter comme une sorte de mercenariat. Le dossier a été laissé en l’état sans aucune contribution nouvelle depuis 2004, mais il avait été bien nourri par les investigateurs. Ces derniers ont été limogés en bloc, lors de l’arrivée du président Nestor Kirchner, en remerciement de leur bons et loyaux services. Ils étaient excessivement dilligents.

Selon ce qui figure dans le dossier, les commanditaires seraient des libanais résidant à l’époque des faits au Paraguay, narco trafficants pour l’essentiel, avec comme point de vente final à l’époque la  Suisse et les Pays Bas. Si le financement est venu d’ailleurs il apparaît  de façon irréfutable que la matérialité du crime est elle le fait d’ argentins d’un bout à l’autre. Des individus issus en partie d’un secteur de la police archi corrompue de Buenos Aires. Faction en charge des contacts, ainsi que d’une partie de la logistique et, par ailleurs d’une clique de barbouzes. Ceux-ci, pour la plupart, issus du “Batallon 601”, de sinistre mémoire d’argentin. Aprés la restauration de la démocratie beaucoup de membres du “Batallón 601”  s’instituent en faux et s’insurgent contre Alfonsin, le président radical. Avec Menem il n’en sera pas mieux. Ils placent d’abord en celui-ci tous leurs espoirs de voir s’installer un régime nationnaliste fort. Or, Menem fera tout le contraire, il travaillera à l’intégration du pays dans le monde. Ces militaires, au demeurant incapables de faire une vrai guerre, s’insurgent. On les apellera “carapintadas”, en référence  à leur face barbouillée qui est le camouflage qu’ils avaient estimé alors le plus approprié pour la série de tentatives de coup d’états qu’ils allaient entreprendre à Buenos Aires. Il y a parmi ces “carapintadas” beaucoup de noms qui vont se retrouver dans le dossier Amia. Ils posédent explosifs, armes de guerres, le tout volé mais avec consentement, de l’arsenal dit de de Campo de Mayo. De plus ils ont le savoir faire et l’expérience des attentats. Le 18 juillet 1994, les plus importants d’entre eux sont présents sur le lieu et au moment de l’attentat, pour assurer le service après vente. Il y a de cela une infinité d’images. Tous ces intervenants ont tous été formés à la répression au cours la dernière dictature. Ils sont tous péronistes et tous fortement empreints d’antisémitisme, parfois politique comme les membres du parti d’extrême droite “Modin”, aujourd’hui dissout. Certains ont rejoint les rangs du kirchnerisme, en tous les cas en sont proches. Tout ce Landerneau  est impliqué dans des affaires relevant du grand banditisme à l’époque des faits.

Au cours de l’enquête de celui qui était encore le juge en charge de l’affaire, Juan Jose Galeano,et les deux procureurs, Jose Barbaccia et Eamon Mullen, les deux principales factions du service de renseignement, la Side, s’opposent afin de protéger leur poussin. Le courant “Sector 85”, dirigé par Antonio Stiusso protégeant plutôt la faction dite “Police de Buenos Aires” et “Sala Patria”,  dirigiée par Alejandro Brousson protégeant les “Carapintadas”. Pour ce faire, l’un comme l’autre ne néglige aucun procédé de désinformation. Briefing de faux témoins en prison, destruction de preuves (66 cassettes représentants 66 heures d’écoute du témoin le plus important Carlos Telleldin), mise en scène de situations pouvant compromettre les investigateurs avec la technique du “Kompromat” ou sa versión argentine la “carpeta”, extorsion, menaces.

Aujourd’hui les procureurs autant que le juge n’exercent plus leurs professions et sont même mis sur la sellette aux noms d’erreurs procédurales. Les auteurs de l’attentat malgré les preuves accablantes pesant contre eux sont libres et prospèrent économiquement, voire politiquement au sein de la majorité actuelle.  Le pic du sabotaje de l’affaire le signe l’actuelle presidente de la république, alors épouse du défunt président Nestor Kirchner, lorsqu’elle dépose en qualité de témoin. Sa déposition a grandement contribué à la libération des policiers du fait de la pression sur les juges. Son mari pour sa part, fait en sorte de faire éjecter le juge Galeano du Collège de Magistrats. Manipulation qui en même temps le débarrassait d’un juge instruisant sa première affaire d’enrichissement personnel.

Il n’y a pas une condamantion 19 ans après les faits. Et ceci a une incidence dans la grande criminalité argentine. L’Amia n’est pas seulement un crime sans justice. C’est aussi la matrice de tous les crimes d’aujourd’hui. Les affaires en cours de narcotraffic au niveau international ont une relation directe avec ceux qui furent les auteurs de l’attentat de l’Amia. Si on se donne la peine de chercher on trouvera très vite la relation entre les frères Julia arrêtés à Barcelone il ya deux ans,  en possession de 900 kg de cocaïne, drogue chargée dans un aéroport militaire de la base Moron, province de Buenos Aires et les auteurs de l’attentat de la Amia.

Argentine a raison de demander à l’Iran de Hassan Rouhani d’ouvir ses archives et dire ce que la république islamique sait, car au minimum en 1994 les diplomates iraniens en poste â Buenos Aires savaient. Mais il ne faut pas perdre de vue que la présidente a perdu en Mahmud Ahmadinejad un allié de poids et d’aucun disent un partenaire en affaires de la taille du défunt Hugo Chavez. L’islamo populiste était au final du populisme, un courant toujours proche de l’Argentine. Les déclarations de Rouhani ne sont elles pas faites pour plaire, auprès des pays néo-bolivariens, Reste que avant de demander quoi que ce soit à un pays tiers, l’Argentine ferait bien de mettre de l’ordre dans sa propre maison et de condamner les terroristes argentins et leur protecteurs également argentins.

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE SUJET, DOSSIER RELACIONES iNTERNACIONES (EN ESPAGNOL) “AMIA: QUIEN COMO Y PORQUE ORGANIZO IMPUNIDAD PARA LOS TERRRORISTAS”.



Categorías:Argentina, Corrupción, Français, Irán

Etiquetas:, , , ,

Responder

Por favor, inicia sesión con uno de estos métodos para publicar tu comentario:

Logo de WordPress.com

Estás comentando usando tu cuenta de WordPress.com. Cerrar sesión / Cambiar )

Imagen de Twitter

Estás comentando usando tu cuenta de Twitter. Cerrar sesión / Cambiar )

Foto de Facebook

Estás comentando usando tu cuenta de Facebook. Cerrar sesión / Cambiar )

Google+ photo

Estás comentando usando tu cuenta de Google+. Cerrar sesión / Cambiar )

Conectando a %s

A %d blogueros les gusta esto: